Ianva + Camerata Mediolanense à Orange (Vaucluse)

IANVA
Est né de la rencontre d'un groupe de musiciens venant d'horizons divers et unis par le but commun de redonner un sens à des mots devenus obsolètes comme passion, héroïsme et dignité, avec la volonté de préserver les choses propres à la langue italienne.
Une prestation musicale, portée par le timbre de voix de Mercy, grave et profond, qui entraîne dans une  dimension épique, très cinématographique, telle qu'on peut la trouver chez Morricone, enfant des tavernes et des rues : accordéon, cuivres, roulements de batterie, guitares et violons sécrètent les volutes d'une mélodie envoutante et puissante.
Le concert d'Orange sera la première apparition de Ianva en France !

CAMERATA MEDIOLANENSE
Est un ensemble de musiciens originaires de Milan, dont l'oeuvre peut être qualifiée de néo-classique, avec des éléments folks.
Leur musique est constituée d'éléments qui associent les traditions et l'histoire de l'Italie et de l'Europe à la musique folk, en utilisant des percussions martiales, des voix baroques, des claviers et appareils électroniques.
Camerata Mediolanense signifie littéralement « groupe de musiciens de chambre originaire de Milan (Mediolanense vient de Mediolanum, l'ancien nom de Milan).
Ils reviennent en France 15 ans après leur participation au Dark-Wave Festival de Strasbourg.


Samedi 5 juin 2010 – 21 h
Espace Daudet à Orange – 20 €
06.22.47.82.53. (français, Renaud)
06.35.45.96.32 (English & deutsch,. Valérie)
06.77.96.43.60. (italiano,. Angele)
Pré-vente jusqu'au dimanche 23 mai 2010 : 15 €
Envoyez votre chèque à : 
Lou Faro (concert) 30 rue du Roussillon 84100 Orange.
Étrangers, nous contacter.
A savoir : 
Le même jour se déroule la fête médiévale d'Orange.
Liste des hôtels et campings : http://www.otorange.fr/
Actualités de la cité : http://www.ville-orange.fr/

Projet Lou Faro.

Projet au format .pdf


Interview avec Gerhard Petak.

Gerhard, dans peu de temps paraîtra le nouveau CD d'Allerseelen : Hallstatt. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

En fait, ce CD est sombre avec quelque chose de sinistre, d'inquiétant, bien dans l'esprit du lieu : Hallstatt, qui se trouve en Autriche du Nord, dans un coin inquiétant, au bord du lac, entouré de forêts et de montagnes. Autrefois, aucune route ne menait à Hallstatt. On ne pouvait y accéder que par des chemins étroits de montagne, ou  par bateau. Une route n'existe que depuis cent ans. La gare se trouve de l'autre côté du lac, où un bateau nous conduit jusqu'au village. Pour moi, Hallstatt est comme une île morte, dont le voyage lent et silencieux sur les eaux du lac, me rappelle le voyage à Venise de San Michele. Il n'y avait d'ailleurs à l'époque que deux façons de mourir, la lapidation ou se jeter à l'eau. Le village, lui-même, est plus vertical qu'horizontal.


La pochette du nouveau CD montre des têtes de morts peintes. Viennent-elles de Hallstatt ?

Oui. Hallstatt a une grotte célèbre. Les têtes de morts qui y sont peintes sont uniques, comparables à celles que l'on peut trouver au Tibet, ou en Mongolie. Pour moi, Hallstatt représente un retour à mes racines. En effet, J'ai grandi aux alentours de Hallstatt, et déjà en primaire et au collège, nous avions visité ce petit village et sa grotte. Quant à savoir si c'est bon pour une âme d'enfant, je n'en sais rien. Moi, ça m'a fasciné. Plus tard, j'y suis allé avec des amis proches. Hallstatt a quelque chose de propre, de secret, d'inquiétant. Malheureusement, les têtes de morts n'existent plus aujourd'hui, cet usage ayant disparu dans les années cinquante. Le plus remarquable de ces crânes porte une queue noire, d'autres sont peints avec des feuilles de chêne, des roses ou d'autres fleurs. J'y suis retourné, il y a quelques jours, l'endroit est fascinant.


En archéologie, la culture hallstattienne représente le 1er âge du fer.

Oui, Hallstatt est connu par ses nombreuses tombes celtiques, découvertes tout en haut du lieu, dans un ravin. Tout dans cette région est si étroit, si raide, qu'il n'y a pas de place définie pour un cimetière ou un jardin du souvenir, uniquement le miroir horizontal des eaux du lac. Ces tombes celtiques contenaient des objets précieux, des bijoux, des poignards... Autrefois, on inhumait les morts avec des armes, des parures de grande valeur. Aujourd'hui, tout a changé, il n'y a plus d'offrandes dans les tombes. Si c'était encore le cas, on mettrait dans le cercueil un téléphone portable, un mp-3, ou ce genre de chose!


Tu utilises dans ce CD également des sons d'os humains. Tu l'as déjà fait, il y a plusieurs années, dans des cassettes d'Allerseelen.

Ces sons passent naturellement très bien sur le thème d'Hallstatt. Le nom de ce lieu est aussi un jeu de mots merveilleux. Je possède également, de l'époque de ma collaboration avec Zero Kama, quelques os qui sont restés longtemps à la cave. D'autre part, j'ai retravaillé de vieilles prises de vue, et en ai fait quelques nouvelles que je peux juxtaposer sur des musiques. Bien sûr, aujourd'hui tout sonne différemment d'autrefois. La musique de nos aïeux était un monde secret, le fruit d'un travail archaïque, très lent, laborieux, mélancolique. Maintenant, le bruit des os apparaît dans un autre contexte, celui de morceaux âpres et très rock. Le thème de la mort ne domine d'ailleurs pas dans ce CD "Hallstatt". J'ai lié la tristesse de la mort, telle une description très tendre, sur les musiques, comme les crânes peints de Hallstatt. L'amour et la mort, le passé et l'éternité sont liés sur ces musiques; et j'espère que quelques uns de ces morceaux ont quelque chose d'intemporel, qu'ils survivront aux années. Le futur nous le dira. "Hallstatt" est en même temps une conclusion. J'ai également fait pour le CD quelques photos avec ces os humains, pour finalement mieux m'en séparer, eux qui m'ont accompagné pendant des années, et que j'ai jetés dans le lac. Ils y sont encore aujourd'hui. Peut-être que des plongeurs les découvriront un jour. Le très beau crâne, avec le soleil noir sur le front, que nous avions parfois sur la scène en concert, je l'ai offert à un ami il y a de cela quelques années.


Sur le thème de Hallstatt, on s'attend à quelque chose en relation avec la patrie, un peu comme de la musique populaire qui donnerait une réalité à des diables de la forêt, à des lutins...

A l'origine, j'avais prévu d'écrire tous les textes moi-même en dialecte. J'en avais écrit un en patois pour Sturmpercht : je suis la forêt. Mais le patois a quelque chose de très compliqué - il y a de très nombreux mots allemands que je ne traduirais pas en dialecte, c'est impensable. Le patois est brut, archaïque. C'est également beaucoup plus direct, plus sincère, sans détours. En fait, l'allemand est pour moi une langue étrangère, au même titre que l'anglais. Finalement, il n'y a qu'un titre sur ce CD qui soit en dialecte. Il est inspiré d'un poème de Hermann Hesse, à propos de la solitude et d'une mort dans les montagnes. A l'origine, je voulais le faire en allemand, mais à un moment donné, j'ai eu envie de traduire un passage de ce poème en autrichien. Quelques heures plus tard, la chanson était terminée. Ca a quelque chose de sombre, comme la plupart des titres de l'album.


Beaucoup de tes compositions te viennent-elles aussi spontanément ?
C'est très mitigé. Certaines sont terminées en quelques heures, sur d'autres, je peux y passer des mois. Toutes mes chansons ressemblent à un journal intime; lorsque j'écoute de vieux morceaux que j'ai composés, ils me renvoient à des moments bien précis de ma vie, à des instants magnifiques, ou à d'autres plus tristes. Lorsque je termine une chanson, je fais immédiatement le mix final. Même si je dois, par la suite, y découvrir des erreurs, des petites fautes, ça ne change rien à ma décision. Malheureusement, tout comme dans un journal intime, l'écriture est parfois approximative ; quand on est particulièrement émotif, d'humeur plaisante ou au contraire exécrable, ces petites maladresses passent inaperçues.


Ce CD a été très long à sortir. Les dernières parutions d'Allerseelen datent de quelques années, Pourquoi ?
Allerseelen a été longtemps en tournée. J'ai également été très occupé par la publication du double CD que je préparais ces dernières années. Ces doubles compilations contiennent de nombreux titres d'Allerseelen qui ne sont jamais sortis en CD. J'ai aussi besoin de mauvais temps pour mes compositions. A Vienne, le climat est très sec et ensoleillé. Peut-être, devrais-je aller vers des régions plus pluvieuses. Ou bien à Hallstatt, là mes CD seraient finis en quelques mois. Quoi qu'il en soit, les titres pour le CD de "Hallstatt" ont été prêts très rapidement. Je ne pense pas avoir travaillé très longtemps sur un morceau. C'est souvent ainsi, j'ai une petite étincelle sur un morceau, j'y travaille un peu, et, soudain, les chansons semblent s'écrire toutes seules. C'est une expérience vraiment impressionnante. Mais me souciant beaucoup de la qualité, je me demande avant si ça a un sens ou non, et puis je me consacre à des points bien précis de l'oeuvre.


Les morceaux du CD sont souvent sombres, certains sont très chargés en guitare et renvoient un peu au blackmetal. Pourquoi ?
Ces dernières années, nous étions nombreux sur scène, et presque toujours il y avait les bassistes Jörk ou Marcel qui viennent tous deux du Metal. Ca a influencé l'esprit du CD, tout est beaucoup plus dynamique, plus bruyant, plus rythmé. Personnellement, je n'aime pas du tout cela, quand ça sonne trop pur. Quand c'est un peu trop propre, je désordonne le tout de façon très artistique, j'y ajoute des murmures, des sons saccadés. Les morceaux d'Allerseelen ont tous quelque chose de dur, d'âpre ; rien que le nom signifie et implique l'austérité. Les morceaux durs expriment l'abnégation, les chansons sombres sont plus bruyantes. Qui me connaît un peu mieux sait que tout est très lié à mon existence. Par ailleurs, les morceaux naissent tous du mauvais temps. Nietzsche a décrit et comparé la pluie et la grêle en Suisse au temps autrichien - ce qui apparaît aussi dans mes morceaux. Mais quand le soleil brille, je n'arrive pas à composer, et je vais plutôt lire et écrire dans les montagnes. De là, naissent également la pluralité, les contrastes et la rareté de la musique d'Allerseelen. La tristesse est une force qui nécessite du courage, en même temps le positif est toujours un peu tragique.


Sur une chanson, on entend la voix de R.N Taylor de Changes. Comment avez-vous été amenés à travailler ensemble ?

Je connais Robert depuis très longtemps, nous sommes en contact depuis des années. Nous voulions déjà nous retrouver pour un solstice d'été en Californie, mais ça ne s'est pas fait, et nous avons vraiment appris à nous connaître un 1er mai en Autriche. Nous avons également été ensemble en Russie. C'était une période magique, et j'espère que nous revivrons une telle chose. Robert a publié, il y a quelques années, plusieurs petits poèmes. L'un d'eux m'a tellement plu que je l'ai supplié de me l'offrir. Je ne m'en suis pas plus soucié pendant des années. Or, dans le contexte de "Hallstatt", il allait parfaitement. Ce morceau est né seulement en quelques heures.

Que lis-tu quand tu es dans la forêt, ou en montagne ?
Beaucoup de choses différentes. Parfois, j'amène des poèmes ou des chansons sur lesquels je peux ensuite retravailler. Parfois, ce sont des poèmes de Goethe, d'Hölderlin ou de Trakl, ou bien tout autre chose. J'ai également avec moi un dictionnaire bulgare, car je souhaite apprendre cette langue. Quand j'écris un nouveau texte, j'essaie ensuite toujours de le traduire dans cette langue. En fait, j'essaie de ne lire que des textes classiques, puissants, fondamentaux. La vie est vraiment trop courte.


Les chansons d'Allerseelen ont souvent une trame très simple.
C'est bien ainsi. Dans les musiques d'Allerseelen, il y a un caractère artisanal très fort. Je travaille avec très peu d'instruments, et je ne vais pas en studio. Je travaille sans ordinateur. En fait, on peut comparer ma musique avec les crânes de Hallstatt - il y a souvent une structure de fond très brute, dure, associée et adoucie de motifs colorés et folkloriques. Cet aspect folklorique est bien plus fort qu'avant, c'est pourquoi je décrirais aujourd'hui ma musique comme du folk apocalyptique, ou bien du folklore industriel, ou encore du folklore psychoactif. Mais ces termes sont du son, et de la fumée, et il n'est pas impossible que j'en change dans quelques mois ou quelques années.


Pourquoi sent-on, depuis quelques temps, cette influence folklorique chez Allerseelen ? Allerseelen n'appartient pas vraiment au Neofolk.

Je n'ai jamais considéré Allerseelen comme étant du Neofolk. Dans ce genre là, nous avons toujours été marginaux, et c'est très bien ainsi. Pour ceux qui se réclament de l'extrême industriel, nous sommes trop mélodiques, technosophiques - en fait, j'apprécie le fait que nous ayons autant d'amis d'un point de vue musical. La plus grande influence pour la musique d'Allerseelen, ces dernières années, vient de mes amis de Sangre Cavallum et Sturmpercht, de la vieille Folk-Music, beaucoup du rock progressif et bien d'autres encore. L'année dernière, il y a eu aussi la musique que j'ai découverte en Bulgarie, un pays où je séjourne de plus en plus souvent.

Que peut-on attendre dans les prochains temps de Allerseelen ?
De toute façon, nous allons donner, cette année, des concerts, faire des scènes en Pologne et en Lituanie, et dans d'autres pays. Je mets la dernière touche aux chansons pour la double compil en version du Neuschwabenland. Mais j'ai également une idée concrète de ce que sera le prochain album de Allerseelen, à propos duquel je ne souhaite pas encore m'exprimer.

Traduction Valérie pour Geri & Freki


Samedi 13 mars 2004 - Wir rüfen deine Wölfe. Compilation disponible en page CD ::.


Nous appelons tes loups
Et appelons ta lance
Nous appelons les douze
Du ciel jusqu'à nous.

Par-dessus tout, nous t'appelons
Maintenant vient la chasse sauvage
Alors laisse la corne résonner
Ne déplorons pas la mort.

L'ennemi est déjà tombé
Avant le levé du jour.

La proie n'a aucun nom,
l'ennemi n'a pas de visage,
les carcasses n'ont pas de semence,
Rigoureuse est la Justice.

La récolte est passée,
la balle sans valeur s'acquiert journellement,
et les corbeaux exigent,
La part qui leur est due.
La chasse a commencé :
Maintenant, seigneur, votre salut
nous soutient !

Friedrich Hielscher
Étudiant duelliste, volontaire dans les corps francs du Baltikum, nietzschéen et néo-païen, partisan d'une Europe fédérale reposant sur la base des ses régions, rédacteur dans diverses revues, Friedrich Hielscher fut une des figures des milieux nationaux révolutionnaires de l'Allemagne d'avant guerre . Politothéologien, il participe aux travaux de l'Ahnenerbe tout en restant opposé au régime national-socialiste, qui le fera arrêter en 1944.